dimanche 4 mai 2008
Le dernier printemps
C'est Pivoine Rose qui donne le ton... Et c'est VERT ! Je crains que ma participation à son jeu ne soit guère très originale. Le vert qui m'inspire en ce moment, c'est bien sûr le vert tendre inimitable du printemps, le feuillage vert de notre tilleul adoré, tellement photographié et montré ici, c'est vrai, le vert de notre jardin tout simplement inondé de soleil...
J'y pose un regard tout particulier en ce moment, un peu nostalgique pour ne rien vous cacher, comme si je voulais tout imprimer à jamais dans ma mémoire, comme si je voulais me gorger une dernière fois de tous les menus détails, la lumière, les ombres, les bosquets, la grande cour, le verger, les recoins, avant de partir d'ici définitivement. Comment dire ? Nous allons bientôt quitter ces lieux qui nous accueillaient depuis 5 ans et qui, justement, n'étaient pas vraiment chez nous. Nous nous apprêtons à passer notre tout dernier printemps ici. Cela me déchire le coeur.
Oh bien sûr, il y a aussi l'excitation d'investir bientôt les nouveaux lieux, la nouvelle maison que nous avons choisie, celle qui sera vraiment à nous cette fois, une sorte de maison de poupée, charmante, atypique, différente, celle que l'on aimera forcément aussi, pas très loin, dans le village, dans la même rue... Mais ce qui prime sur tout le reste pour le moment, c'est une certaine mélancolie, la peur de l'inconnu, comme un vertige, la peur de s'engager dans ces démarches aussi lourdes (toutes ces démarches qui m'ont tenue loin de l'ordinateur ces derniers temps), l'appréhension de devenir propriétaires, ce que cela implique vraiment, les questions incessantes et puis, de façon plus prosaïque, la corvée des cartons, ne pas savoir par quel bout commencer... Et tout ce vert qui me manque déjà...
dimanche 3 février 2008
L'escalier
La toute première fois que nous avons visité la maison, celle que nous habitons aujourd'hui, c'est ce que j'ai remarqué tout de suite en entrant : le vieil escalier en bois. Un monument d'architecture digne d'une école de campagne du siècle dernier ! Un grand escalier qui menait des salles de classe en bas, dumoins du couloir, au logement de fonction du maître à l'étage. Des lieux d'une autre époque, des lieux que je n'ai pas connus, des lieux que je m'imagine bien.
Depuis ce temps et avant même notre arrivée ici, la maison a subi quelques transformations. Certes, les salles de classe ont disparu, la mairie occupe maintenant une partie du bâtiment au rez-de-chaussée, mais la bâtisse est restée la même, toujours aussi haute, toujours aussi imposante au coeur du village.
L'escalier est toujours là. Même si les marches se sont un peu usées au fil du temps, elles sont toujours aussi nombreuses et il nous faut les gravir des dizaines de fois par jour pour passer de la cuisine, en bas, à la salle à manger ou au salon, à l'étage. Une gymnastique parfois pénible, surtout le soir lorsqu'on est un peu plus fatigués que d'habitude après des journées de travail harassantes. Ou alors lorsqu'on reçoit et qu'il nous faut sans cesse, au cours du repas, descendre et redescendre à la cuisine... monter et monter de nouveau au salon... une dernière fois... et encore une... Qui est-ce qui y va ? Tu y vas cette fois ? Quand tu descendras ça, tu penseras à remonter ci ?... Allez, c'est à ton tour maintenant... Qui veut y aller ?...
Pour ne pas imposer la montée de l'Everest à Mima, 96 ans, qui venait voir son arrière-petite-fille souffler ses 5 bougies aujourd'hui, une petite astuce de dernière minute : improviser une salle à manger dans l'entrée, juste au pied de l'escalier. Et puis se dire que notre maison est pleine de ressources.
Se dire aussi que la table du salon de jardin est bien là finalement, pour l'instant, en attendant de retrouver le grand tilleul... Allez, joyeux anniversaire encore ma grande dragounette !






















